© Bernard Turle 2019

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La Tartugo s'appelle ainsi en hommage à ses animaux tutélaires, les tortues de son jardin. Dans les années 1930, à l'époque où c'était encore permis, en compagnie de son grand-père maternel Eugène Boussuge, le tout jeune Maurice Turle alla chercher le premier couple aux alentours des Mayons, à l'orée des Maures. C'est de là qu'est originaire la tortue d'Hermann, l'espèce locale. Aujourd'hui, il est interdit de la ramasser dans la nature, de la transporter, d'en faire commerce, car elle est menacée. 
           Au milieu du XIXe siècle, la famille de Berthe Signoret (ci-dessus), épouse de Charles Turle (à gauche, en uniforme de musicien), mère d'Édouard Turle (à droite) et grand-mère de Maurice et Denise, possédait la grange voisine. Entre 1850, date de sa construction, et 1893, date de son achat par Charles Turle, la maison fut une épicerie et une bouchonnerie, qui traversa la rue. Simple remise, elle avait été réhaussée par le propriétaire, Victor Rebec, en 1859 et devint officiellement maison en 1862. On trouve peu de vestiges de ces premières occupations : un panneau déclinant les denrées vendues, des malons éraflés dans ce qui est aujourd'hui le bureau du traducteur Bernard Turle, fils de Maurice et Marie-Thérèse, frère de Marie-Chantal et Odile, époux de Didier. À en croire Élisabeth - l'épouse d'Édouard - dite Mimi, dont ce fut la chambre à coucher, les femmes y triaient le liège, à même le sol ; un rideau chasse-mouches faits de bouchons ; et les fresques du premier étage, dans ce qui depuis plus d'un siècle est la salle à manger mais devait être pour nos prédécesseurs la pièce de réception des clients.
            Après la bouchonnerie vint l'exploitation viticole. Les années 1920 virent la construction de la cave, dans le prolongement de la grange, côté jardin, alors que côté rue était construite la "pompe à essence".
                  Les Turle et les Boussuge, belles-familles, y cohabitèrent.
 
 
         
 
 
 
 
 
 
 
         
 
          La maison était le quartier général du vignoble, même si elle n'était pas au milieu des vignes, mais sise le long d'une ancienne voie romaine. Cette artère traversante était bordée de platanes de part et d'autre et de commerces côté sud ; la modeste épicerie occupait la pièce qui est aujourd'hui la salle d'eau du rez-de-chaussée. Autrefois, avant la vogue des remembrements à partir des années 1970, on allait chercher tous azimuts la meilleure terre, la plus adaptée pour tel ou tel cépage. Mais le vin était fait à la Tartugo. On voit encore le pressoir, les cuves, les tonneaux désormais secs, comme figés dans le temps : on lit même les ultimes inscriptions laissées sur le bois des fûts par Maurice, en 1979, lors de ses dernières vendanges.
               En 2017, à la faveur de l'envolée du vin rosé sur le marché mondial, les Coteaux des Petits Brons ont repris du service. Le vin des nouvelles vignes - qui bénéficient du label Côtes de Provence et sont travaillées par les jeunes viticulteurs de la Beilesse -, ne macérera plus à La Tartugo mais à la Coopérative viticole de Puget-Ville : ce sera néanmoins le vin des terres familiales et les sens de la maison s'éveilleront en inhalant à nouveau les effluves lointains du moût.  
Zoé, dite Philippine, Lauzet, et sa fille Élisabeth, dite Mimi, Boussuge
HABITANTS DE LA TARTUGO DEPUIS 1893
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