© Bernard Turle 2019

Design Graphique FilaemMagaliLatil 2019

De même qu'à l'intérieur, c'est la salle de bains, sombre et vétuste, que Bernard traita la première sur le mode picassiette, de même, dehors, c'est le mur extérieur de l'atelier, triste et gris l'hiver, qui se para le premier de couleurs sur la grande terrasse. Cette rénovation s'accorde avec les carreaux multicolores du rez-de-chaussée, les folies du jardin clos, l'exubérance des papiers peints 1920/1930 et le style naïf des fresques de la salle à manger. 
Il n'est guère étonnant que La Tartugo entretienne de bons rapports avec la terre cuite et la céramique. Varages et Salernes dans le Var, Vallauris à l'est, Marseille et Uzès à l'ouest, la tradition provençale est ancienne dans le domaine. Mais comme la maison n'est pas très riche, il est normal, aussi, qu'elle se contente de tessons, de reliefs d'oxydes, de poudres d'ocres et de pigments. Or, le royaume des tessons, des débris et de la poudre aux yeux, c'est le picassiette. Le picassiette est une forme d'art brut. On récupère vaisselles cassées, débris de porcelaine, de poteries et de verre, morceaux de vieux carreaux, billes, et on colle tout ça avec du ciment-colle sur les surfaces qu’on a envie de couvrir. On pense à Gaudi, à Nicky de Saint-Phalle, à Robert Tatin mais la référence est moins artistique, plus populaire. On peut évoquer le Facteur Cheval, mais les véritables références en la matière sont Nek Chand, dans le Rock Garden à Chandigarh (Inde), et surtout le Mr Picassiette de Chartres, qui, dans son minuscule pavillon de banlieue a tout recouvert, obsessionnellement, de milliers de tessons, intérieur - jusqu'à la machine à coudre de sa femme -, et extérieur.   
Comme l'a bien saisi Marie-France Boyer dans son article pour The World of Interiors,
c'est désormais le travail de picassiette de Bernard qui, à la Tartugo, fait le lien entre passé et présent, entre intérieur et extérieur, comme si  l'histoire de la maison se manifestait par un flot de débris qui laissait des traces un peu partout, dehors comme dedans. 
Photographies ci-dessus in  The World of Interiors (c) avril 2018 Alexandre Bailhache.
La grotte shinto, une innovation de Bernard qui poursuit le tour du monde de son grand-père Édouard dans le jardin clos, allie picassiette et rocaille. Sans faire référence directement à l'Exposition Universelle de 1900, elle brode sur  le thème du voyage et de l'exotisme suivi par Édouard. C'est, au fond du jardin clos,  le pendant du temple indien. 
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