© Bernard Turle 2019

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On dit de certaines maisons qu'elles ont une âme mais ne serait-il pas plus juste de dire qu'elles sont une âme ? Il n'y a pas la maison d'un côté et son âme de l'autre. Pas plus qu'un être humain n'est scindé entre un corps et une âme qui préfèreraient faire chambre à part. 
          Je rêve régulièrement de la maison, surtout en voyage mais pas seulement.  Moins de la maison en soi, en fait, que de ses abords. Une nuit, je rêve du jardin voisin à l'est ou de l'autre jardin à l'ouest ou du côté sud, vers le verger, ou de la façade nord, côté rue. Chaque fois, ce ne sont que travaux, grands chantiers, agrandissements, embellissements. La plupart du temps, ces rêves expansionnistes sont très agréables. (Dans le même esprit, je rêve souvent d'une ruelle du village, l'infime rue Sous les moulins qui, dans ce rêve récurrent, débouche sur une artère très animée, bondée, pleine de restaurants à la façon des centres anciens touristiques, et terminée par une cathédrale.)
                   Sans doute mes rêves prennent-ils mes désirs pour une réalité ?
                 C'est probablement ce que je fais dans ce site, qui me permet de muséifier mentalement La Tartugo, afin d'y vivre - d'y survivre - face à l'agressivité du monde actuel, entre ses murs que la vétusté désagrège en une poussière poudre de perlimpinpin.
                                                                                                        
                                                                                                                   Bernard Turle
Titre 6
L'avenir des maisons est toujours en question, surtout dans un monde frappé d'auto-destruction comme le nôtre. C'est pourquoi le verger de La Tartugo s'érige lui-même en cimetière. Le treillage en bois qui autrefois bloquait la grande arche de l'atelier n'a pas été brûlté mais sert au bungalow, tant qu'il dure, d'écran sur lequel grimpe la végétation. Jadis dans le boudoir, les textes de pièces de théâtre qui divertirent les Parisiens et étaient lus dans L'Illustration par Mimi en son boudoir sont exposés aux éléments. Les bidons dont on a vu les factures dans le bureau d'Édouard rouillent.
La Tartugo, on l'aura compris, dans ce XXIe siècle ardu, vit dans un autre temps, peu tourné vers l'extérieur avec lequel elle entretient des rapports ambigus. Il arrive cependant que, par une fenêtre, celui-ci fasse irruption. On ne dédaigne pas, ainsi, côté sud, vers la mer Méditerranée, un coucher de soleil rosé et parme. Et, côté nord, côté rue, si on regimbe à l'omniprésence des mortifères automobiles que la pompe à essence de la Tartugo alimentait au XXe siècle, on est ravi qu'elles soient un instant immobilisées par un troupeau de moutons en transhumance, qui ne dédaignent pas de venir brouter ses jardinières.  
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